L'expertise judiciaire est une mesure d'instruction ordonnée par un juge lorsqu'un litige nécessite un éclairage technique que le tribunal ne peut fournir par lui-même. Régie par les articles 263 à 284-1 du Code de procédure civile, cette procédure constitue l'outil le plus puissant dont dispose la justice pour trancher les litiges techniques en matière de construction et de bâtiment. L'expert judiciaire, inscrit sur la liste officielle de la cour d'appel, est désigné par le juge pour conduire une mission précise, définie par l'ordonnance de désignation, dans le strict respect du principe du contradictoire.
En matière de bâtiment, l'expertise judiciaire est le plus souvent sollicitée dans le cadre d'un référé-expertise au titre de l'article 145 du Code de procédure civile, qui permet à toute personne de demander une mesure d'instruction avant même qu'un procès ne soit engagé au fond, dès lors qu'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. Cette procédure de référé présente l'avantage de la rapidité : l'ordonnance de désignation est généralement rendue dans un délai de quelques semaines à quelques mois, permettant de figer les constats et de déterminer les responsabilités avant que les désordres ne s'aggravent ou que les preuves ne disparaissent.
L'expertise judiciaire se distingue de l'expertise amiable par sa force juridique considérable. Le rapport de l'expert judiciaire est destiné au tribunal et constitue, dans la quasi-totalité des cas, le fondement technique de la décision du juge. Les conclusions de l'expert judiciaire sont suivies par le juge du fond dans plus de 90 % des affaires. C'est pourquoi la conduite des opérations d'expertise judiciaire revêt une importance capitale pour chaque partie au litige et justifie pleinement le recours à un assistant technique spécialisé pour préparer, accompagner et défendre ses intérêts à chaque étape de la procédure.
Mesure d'instruction ordonnée par le juge
Expert inscrit sur la liste de la cour d'appel
Rapport à très forte valeur probante
Conclusions suivies par le juge dans 90% des cas