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Article 1792-3 du Code civil

Garantie biennale : la protection des équipements dissociables

Volets, robinetterie, radiateurs, portes intérieures : la garantie de bon fonctionnement couvre pendant 2 ans les éléments qui peuvent être démontés sans endommager la structure. Présomption de responsabilité du constructeur.

Faire valoir la garantie

Repères biennale

2 ans
Durée à compter de la réception des travaux
0
Faute à prouver — responsabilité présumée
LRAR
Notification par recommandé avec AR
30j
Délai raisonnable de réparation
Équipements couverts

Les principaux éléments relevant de la biennale

La garantie couvre les éléments d'équipement dissociables — ceux qui peuvent être retirés ou remplacés sans altérer le gros oeuvre.

Volets et stores

Volets roulants, battants, stores extérieurs. Pannes de motorisation, blocages de mécanisme, défauts de guidage. Exception : si intégré au coffre de manière indissociable, relève de la décennale.

Robinetterie et sanitaires

Mitigeurs, douchettes, WC, lavabos sur colonne, chauffe-eau. Fuites, défauts de régulation, usure prématurée. Les canalisations encastrées relèvent de la décennale.

Radiateurs et chauffage

Radiateurs muraux, convecteurs, sèche-serviettes, chaudière individuelle. Pannes, bruits anormaux, fuites. Le plancher chauffant noyé dans la dalle est indissociable.

Portes intérieures

Portes de distribution, placards, coulissantes. Défauts de fermeture, quincaillerie défaillante, déformations. Les menuiseries extérieures (clos) relèvent de la décennale.

Revêtements amovibles

Parquet flottant, moquette, sol PVC, lambris clipsés. Décollements, cloques, usure prématurée. Le carrelage scellé au mortier-colle est indissociable (décennale).

Électrique et domotique

Interrupteurs, prises, VMC, alarmes, thermostats. Pannes et dysfonctionnements. Le câblage encastré et les panneaux solaires intégrés à la toiture sont indissociables.

La distinction fondamentale

Dissociable ou indissociable ?

Un même type d'équipement peut relever de la biennale ou de la décennale selon son mode d'installation. La qualification se fait au cas par cas.

Dissociable — Biennale (2 ans)
Indissociable — Décennale (10 ans)

Radiateur mural

Fixé au mur, raccords démontables

Robinetterie

Mitigeur, douchette, mécanisme WC

Parquet flottant

Posé sans colle, déposable sans casse

Panneaux solaires surimposés

Posés sur la couverture existante

Appareillage électrique

Interrupteurs, prises, thermostats

Plancher chauffant

Noyé dans la chape, retrait = destruction

Canalisations encastrées

Intégrées aux murs ou aux dalles

Carrelage scellé

Collé au mortier, dépose = destruction chape

Panneaux solaires intégrés

En remplacement de la couverture

Câblage encastré

Gaines et câbles noyés dans les murs
Les autres éléments d'équipement de l'ouvrage font l'objet d'une garantie de bon fonctionnement d'une durée minimale de deux ans à compter de sa réception.
Article 1792-3 du Code civil
Mise en oeuvre

Comment exercer la garantie biennale

Le maître d'ouvrage bénéficie d'une présomption de responsabilité : il suffit de prouver le dysfonctionnement, sans démontrer la faute du constructeur.

Étape 01

Constat du dysfonctionnement

Documentez le problème : photos datées, vidéos, description précise. Un constat d'huissier ou un rapport d'expert renforce votre dossier.

Étape 02

Notification LRAR

Lettre recommandée AR au constructeur décrivant le désordre, sa localisation et ses conséquences. Joignez les preuves photographiques.

Étape 03

Mise en demeure

Si pas de réponse sous 30 jours : mise en demeure formelle fixant un délai de réparation. Fait courir les intérêts de retard.

Étape 04

Recours

En cas d'inaction persistante : saisine du tribunal judiciaire ou du juge des référés pour condamnation à réparation ou dommages-intérêts.

En chiffres

Garantie biennale en pratique

2 ans
Délai de prescription à compter de la réception
30j
Délai raisonnable pour la réparation
100%
Présomption de responsabilité du constructeur
10 ans
Possibilité de requalification en décennale
FAQ

Questions fréquentes — garantie biennale

Quelle différence entre biennale et décennale ?
La garantie biennale, d'une durée de 2 ans à compter de la réception des travaux, couvre exclusivement le bon fonctionnement des éléments dissociables du bâtiment, c'est-à-dire ceux que l'on peut retirer, remplacer ou démonter sans porter atteinte à la structure ou au gros œuvre. La garantie décennale, quant à elle, s'étend sur 10 ans et protège le maître d'ouvrage contre les dommages compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, incluant les éléments indissociables incorporés à la construction. La distinction repose donc sur la nature de l'élément concerné et sur la gravité du désordre constaté. À titre d'exemple concret, un radiateur mural ou un ballon d'eau chaude relèvent de la biennale car ils sont aisément démontables, tandis qu'un plancher chauffant noyé dans la dalle ou une canalisation encastrée relèvent de la décennale, leur dépose impliquant nécessairement une atteinte au gros œuvre de la construction.
Le délai de 2 ans peut-il être interrompu ?
Oui, le délai de la garantie biennale est un délai de prescription et non de forclusion, ce qui signifie qu'il peut être interrompu dans les conditions prévues par le Code civil. L'interruption intervient notamment par une assignation en justice, une demande en référé, un acte d'exécution forcée ou encore une reconnaissance expresse de responsabilité émanant du constructeur. Lorsque le délai est interrompu, un nouveau délai de 2 ans recommence à courir intégralement à compter de l'acte interruptif, conformément aux dispositions de l'article 2231 du Code civil. Par ailleurs, la suspension du délai est également possible en cas de recours à une procédure de médiation, de conciliation ou de mesure d'expertise judiciaire ordonnée en référé. Il est vivement conseillé de ne pas attendre l'approche de l'expiration du délai pour engager les démarches nécessaires, car la constitution du dossier et la mise en demeure préalable requièrent un temps incompressible qu'il convient d'anticiper.
Qui est responsable au titre de la biennale ?
Le constructeur qui a réalisé ou installé l'élément défectueux est le responsable de plein droit au titre de la garantie biennale. Cette responsabilité concerne l'entrepreneur principal ayant conclu le marché avec le maître d'ouvrage, mais également le sous-traitant par l'intermédiaire de l'entrepreneur principal qui demeure le garant vis-à-vis du client, ainsi que tout installateur spécialisé intervenu sur le chantier. Le régime juridique de la garantie biennale repose sur une présomption de responsabilité, ce qui signifie que le maître d'ouvrage n'a aucune faute à prouver pour obtenir réparation. Il lui suffit de démontrer l'existence du dysfonctionnement et son apparition dans le délai de 2 ans suivant la réception. En complément de cette garantie légale, le maître d'ouvrage conserve la possibilité de se retourner contre le vendeur ou le fabricant de l'équipement sur le fondement de la garantie légale de conformité prévue par le Code de la consommation ou de la garantie des vices cachés du Code civil.
Que faire après l'expiration des 2 ans ?
Lorsque le délai de 2 ans de la garantie biennale est expiré, cette garantie spécifique ne peut plus être invoquée, mais plusieurs autres voies juridiques restent ouvertes au maître d'ouvrage. La garantie décennale demeure applicable pendant 10 ans si le dysfonctionnement constaté compromet la solidité de l'ouvrage ou le rend impropre à sa destination, même si l'élément concerné était initialement dissociable. La responsabilité contractuelle de droit commun, soumise à un délai de prescription de 5 ans en vertu de l'article 2224 du Code civil, peut également être mobilisée à condition que le maître d'ouvrage rapporte la preuve d'une faute du constructeur. Les garanties commerciales ou contractuelles accordées par le fabricant de l'équipement constituent une autre possibilité, leur durée et leur étendue variant selon les conditions générales du fournisseur. Le recours à un expert en bâtiment est fortement recommandé afin de qualifier précisément la nature du désordre et d'identifier la voie de recours la plus adaptée à chaque situation particulière.
Le constructeur peut-il s'exonérer ?
Le constructeur ne peut s'exonérer de sa responsabilité au titre de la garantie biennale qu'en rapportant la preuve d'une cause étrangère ayant provoqué le dysfonctionnement de l'élément concerné. Les causes d'exonération reconnues par la jurisprudence sont limitativement définies et comprennent la mauvaise utilisation manifeste de l'équipement par le propriétaire ou l'occupant, le défaut d'entretien caractérisé et délibéré malgré les préconisations formulées par le constructeur, la force majeure présentant les caractères d'imprévisibilité et d'irrésistibilité, ou encore le fait d'un tiers extérieur au contrat ayant directement causé le dommage. La charge de la preuve est intégralement inversée par rapport au droit commun de la responsabilité contractuelle : c'est au constructeur qu'il incombe de démontrer l'existence de cette cause étrangère, et non au maître d'ouvrage de prouver une quelconque faute. L'usure normale de l'équipement conforme à sa durée de vie prévisible peut également constituer un moyen de défense recevable pour le constructeur mis en cause.

Dysfonctionnement d'un équipement ? Agissez dans les 2 ans.

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