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Copropriété — situation complexe

Sinistre en copropriété : démêler les responsabilités

Syndic, assureur de l'immeuble, copropriétaires, locataires — la multiplicité des intervenants transforme chaque sinistre en casse-tête. Un expert indépendant identifie l'origine, qualifie les responsabilités et accélère votre indemnisation.

Expertise copropriété

Réflexes copropriété

1

Prévenez le syndic par courrier recommandé sans délai.

2

Déclarez sous 5 jours à votre assureur individuel.

3

Documentez tout : photos, PV, échanges avec le syndic.

4

Consultez le règlement de copropriété pour la qualification.

Situations types

Les sinistres les plus fréquents en copropriété

Chaque type de sinistre implique des intervenants et des responsabilités différents. L'identification précise est la première étape vers une résolution efficace.

Fuite sur canalisation commune

Colonne montante, descente EU/EP, collecteur principal. La responsabilité incombe au syndicat des copropriétaires. Le syndic doit organiser la recherche de fuite et engager les réparations sur fonds communs.

Infiltration toiture ou façade

Parties communes par nature (loi 1965 art. 3). Étanchéité dégradée, tuile cassée ou joint de façade fissuré. L'expert localise le point d'entrée, souvent éloigné de la zone humide visible en appartement.

Dégât des eaux entre lots

Fuite provenant d'un appartement voisin : flexible de douche, joint défaillant, débordement. Convention IRSI applicable. Le constat amiable entre les deux occupants accélère la prise en charge.

Fissures structurelles

Murs porteurs, poutres ou fondations : parties communes engageant la responsabilité du syndicat. Tassement différentiel, sécheresse ou vieillissement. Diagnostic structurel impératif avant tout vote de travaux en AG.

Sinistre lié aux travaux d'un lot

Percement de mur porteur, modification de salle de bains sans étanchéité, suppression de cloison. La responsabilité est personnelle au copropriétaire. L'expert établit le lien de causalité et chiffre la remise en état.

Défaillance d'équipement commun

Chaudière collective, ascenseur, VMC, pompe de relevage. Le syndic est tenu de les entretenir (contrats obligatoires). Sa carence peut engager sa responsabilité professionnelle envers les copropriétaires.

Cadre juridique

Parties communes vs parties privatives

La qualification détermine qui paie les réparations. L'article 3 de la loi du 10 juillet 1965 pose les principes, mais le règlement de copropriété peut y déroger.

Parties communes

Responsabilité du syndicat
  • Gros œuvre : fondations, murs porteurs, planchers
  • Toiture, charpente et étanchéité terrasse
  • Façades et ravalement
  • Canalisations principales (colonnes montantes, descentes)
  • Halls, escaliers, ascenseurs, locaux techniques
  • Équipements collectifs (chaufferie, VMC, surpresseur)
Charges réparties entre tous les copropriétaires selon les tantièmes définis au règlement.

Parties privatives

Responsabilité du copropriétaire
  • Intérieur de l'appartement : cloisons, revêtements
  • Équipements sanitaires (baignoire, douche, WC)
  • Canalisations privatives (du raccord au réseau commun)
  • Menuiseries intérieures et placards
  • Installations électriques internes
  • Caves et places de stationnement
Fenêtres, balcons et canalisations traversantes : qualification variable selon chaque règlement.
Indemnisation

Convention IRSI : les 3 niveaux de prise en charge

Depuis juin 2018, la convention IRSI simplifie l'indemnisation des dégâts des eaux et incendies en copropriété selon le montant des dommages immobiliers.

< 1 600 € HT
Gestion simplifiée

Assureur de l'occupant sinistré

Prise en charge intégrale par l'assureur de l'occupant du local sinistré, sans recherche de responsabilité. Couvre la recherche de fuite et la réparation des dommages.

1 600 – 5 000 €
Expert unique

Répartition entre assureurs

L'assureur du local sinistré gère et finance la recherche de fuite. Chaque assureur indemnise les dommages dans le local de son assuré. Recours conventionnel limité.

> 5 000 € HT
Droit commun

Expertise commune obligatoire

Expert désigné d'un commun accord entre assureurs. Expertise unique sur l'origine, les dommages et les responsabilités. Recours de droit commun entre compagnies.

La convention IRSI ne limite pas vos droits

C'est un accord entre assureurs qui ne modifie pas les droits des assurés. Si l'indemnisation proposée est insuffisante, vous pouvez contester et mandater un expert indépendant pour défendre votre chiffrage. Le délai de déclaration reste de 5 jours ouvrés — au syndic par recommandé et à votre assureur.

En chiffres

Sinistres en copropriété

70%
Des sinistres en immeuble sont des dégâts des eaux
5 jours
Délai légal de déclaration auprès de votre assureur
5000
Seuil IRSI HT au-delà duquel l'expertise commune s'impose
2 mois
Pour contester une décision d'AG après notification du PV
FAQ

Questions fréquentes — sinistres en copropriété

Mon syndic refuse d'agir après un sinistre sur les parties communes. Que faire ?
L'article 18 de la loi de 1965 oblige le syndic à assurer la conservation de l'immeuble. Envoyez une mise en demeure par recommandé fixant un délai de 8 à 15 jours. Sans réponse, saisissez le tribunal en référé pour obtenir une ordonnance. Vous pouvez aussi inscrire à l'AG une résolution engageant sa responsabilité professionnelle. En cas d'urgence (risque pour la sécurité), le syndic peut agir sans vote préalable — son inaction aggrave sa faute.
Qui paie la recherche de fuite en copropriété ?
Depuis la convention IRSI (2018), la recherche de fuite est organisée et financée par l'assureur de l'occupant du local sinistré, quel que soit le point de fuite dans l'immeuble. Attention : l'IRSI couvre la recherche, pas la réparation de la cause. La réparation de la canalisation reste à la charge du syndicat (partie commune) ou du copropriétaire concerné (partie privative).
Comment se répartissent les charges de réparation après un sinistre ?
Les travaux sur parties communes sont répartis entre tous les copropriétaires selon les tantièmes de charges. Les travaux sur parties privatives incombent au seul copropriétaire concerné. Quand un sinistre a une cause commune mais des dommages privatifs (ex : fuite sur colonne → dégât dans un appartement), la réparation de la colonne est une charge commune et les dommages consécutifs sont pris en charge par les assurances via l'IRSI.
Un voisin a réalisé des travaux qui endommagent mon lot. Quels sont mes recours ?
Vous pouvez engager sa responsabilité civile (art. 1240 Code civil) ou invoquer le trouble anormal de voisinage (art. 544). Si les travaux affectent les parties communes sans vote préalable en AG (art. 25 b, loi 1965), le syndic peut exiger la remise en état. Documentez les dommages, déclarez à votre assureur et faites constater par un expert indépendant le lien de causalité entre les travaux et les désordres.
Puis-je contester des travaux votés en assemblée générale ?
Oui, dans un délai de 2 mois après notification du PV d'AG (art. 42, loi 1965), devant le tribunal judiciaire. Motifs : travaux non nécessaires, coût excessif, vice de procédure. À l'inverse, si l'AG refuse des travaux indispensables à la conservation de l'immeuble, tout copropriétaire peut saisir le tribunal pour les imposer. L'accompagnement d'un expert renforce la recevabilité de votre contestation.

Sinistre en copropriété ?

Ne restez pas seul face à la complexité. Nos experts indépendants maîtrisent le droit de la copropriété, la convention IRSI et les procédures d'indemnisation pour défendre efficacement vos intérêts — que vous soyez copropriétaire sinistré, syndic ou membre du conseil syndical.

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